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Présentation :

Le Crocodile est le bulletin de liaison de l'Association Générale de l'Internat de Lyon (AGIL).
Publication du 1er numéro : Mai 1924.
Périodicité : 2 fois par an.
ISSN : 1149-5111.
 

Comité de Rédaction :

Directeur de la Publication Yann PAQUET
Rédacteur en chef Patrice QUENEAU
Rédacteurs en chef adjoint Michel GALLAVARDIN, Henri PLAUCHU
Trésorier et Gestionnaire Christian MATHON
Secrétaire de rédaction Pierre GIORGIO
 

Membres du Comité de Rédaction :

Charles BERNARD - Charlotte BREVET-AEBY - Pierre COEUR - Sébastien COURAUD - Vincent DUFOIX - Roger DUMONT dit Max - Michel GALLAVARDIN - Philippe HALLONET - Jean-Baptiste MASSON - Christian MATHON - Yann PAQUET - Henri PLAUCHU - Patrice QUENEAU - Bernard SALLE - Pierre SCHUSTER - Emmanuel VENET.

 

Historique :

Dans le 1er numéro du Crocodile, en Mai 1924, Lucien MICHEL explique comment il a été décidé de nommer le Bulletin de l'Internat "Le Crocodile". Voici son texte :

Le Crocodile et l'Internat

Il fallait à ce journal un titre officiel : vous l'avez lu tout au long, en tête de la première page - et cela suffit, car il est trop long pour être imprimé deux fois dans le même numéro. Il l'est encore trop pour être dit couramment, même en abrégé ... Vous voyez-vous demandant à un kiosque à journaux : « Le B. A. G. I. H. C. L.*, s'il vous plaît ? ». Il fallait donc aussi un sous-titre officieux, lapidaire et familier, qui se pût dire et retenir. Et c'est Le Crocodile.

Les anciennes promotions proposaient : « Le Tiercelet », en souvenir de la fameuse demeure des Internes d'avant 1987, dont les combles, dit-on, étaient hantés par les oiseaux de proie qui lui donnèrent son nom, mais dont, très probablement, les étages inférieurs servirent souvent à abriter des volatiles plus aimables.

Tout en retenant l'intérêt historique de cette proposition, nous avons dû l'abandonner, en considérant que le Tiercelet ne dit plus grand chose (hélas ! tout passe !) aux jeunes promotions, et que, par ailleurs, l'iconographie de ce rapace se prête mal à servir de « leit-motiv » à l'illustration du journal, au dire de nos dessinateurs... tandis que, au contraire, le crocodile les inspire !... ainsi que vous pouvez le voir, et le verrez encore mieux par la suite.

Et puis, « Le Crocodile », cela sonne bien ! On dira : « Que raconte Le Crocodile ? », ou bien : « Il est tordant, ce Crocodile ! », et ce sera charmant... Qu’on ne vienne pas dire que c'est prendre là un emblème trop sauvage, car, pas plus que notre journal, les crocodiles ne sont méchants : chacun sait qu'ils ont du cœur, (ils ont même, disent les anatomistes, trois ventricules !) et qu'ils sont très sensibles, puisque l'on parle tant des larmes de crocodile ; enfin, les catastrophes de chemin de fer ne seraient-elles pas encore plus nombreuses si des « crocodiles » ne montaient la garde le long de nos réseaux ? ...

Et surtout le crocodile est à Lyon un personnage célèbre, qui occupe une situation élevée (de toute la hauteur du grand Dôme !). Il a des titres pour symboliser l'Internat lyonnais, puisqu'il est (depuis quand ?) de garde à l'Hôtel-Dieu. Il est comme une idole, que vénèrent les Internes de tous nos hôpitaux, mais dont la présence confère à l'hôpital qui l'abrite l'éclat de la suprématie ; aussi, les Internes de la Charité avaient-ils fait, certain dîner de fin de semestre, le sacrilège projet de l'enlever à l'Hôtel-Dieu pour le transporter en leur salle de garde. Enfin, depuis longtemps déjà le crocodile est mêlé aux fastes de notre Internat. Il figura - du moins en effigie - à la Revue de 1908 où il apparut, sur les épaules de RHENTER, au milieu de flammes, aux yeux ébahis de l'interne de garde, André RENDU, endormi sur le Lyon Chirurgical. Il parut encore en compagnie du Tiercelet, tous deux personnifiés par COURJON et FRANCILLON, à la fête d'inauguration de la salle de garde de l'Hôtel-Dieu.

C'est pourquoi il était légitime de donner à notre Bulletin le nom de ce fidèle gardien des traditions. Tandis qu'ici-bas se succèdent nos promotions, il demeure là-haut, immuablement suspendu au grand Dôme, le ventre en l'air, tournant le dos (il y a sans doute de quoi !) aux horribles baraquements du Centre anticancéreux, sur lesquels, au gré des courants d'air qui le balancent d'un rythme lent, il secoue ses poussières séculaires. Pourquoi est-il là ? Et depuis quand ? C’est le mystère que notre historiographe, Jean LACASSAGNE, va chercher – sans doute en vain – à percer. Mais, après tout, s'il ne réussit pas à nous apprendre pourquoi le crocodile est pendu au Dôme de Soufflot, n'est-il pas simple d'admettre que Soufflot a construit son Dôme pour y pendre le crocodile ?

Lucien MICHEL (promotion 1911).

* B. A. G. I. H. C. L. : Bulletin de l'Association Générale de l'Internat des Hospices Civils de Lyon

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