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Lauréate 2016 du prix de la fondation Léon BOUCHUT, organisé par l’AGIL, Charline MAGNIN (promotion 2012) se prend au jeu des questions/réponses pour nous parler d'elle et de son projet.
 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

J’ai 29 ans, je suis mariée et maman d’un bébé de 4 mois. J’ai fait mon externat à Rennes et j’ai choisi Lyon pour mon internat de psychiatrie. Pendant mon internat, je me suis formée à la thérapie cognitive et comportementale, à l'EMDR et je me suis intéressée plus particulièrement au stress post-traumatique. J’ai poursuivi par une année médaille d’or à l’unité médico judiciaire pour poursuivre ma connaissance sur le sujet, en parallèle d’un cursus en master 2 de neurosciences. Depuis quelques semaines, je suis chef de clinique à l’unité psychiatrique de crise à l’hôpital Edouard Herriot, service du Pr POULET.

Quel était le projet que vous aviez défendu en 2016 pour le prix Bouchut ?

J’ai postulé au prix Bouchut afin de financer mon projet de thèse : Etude Prazostress : Administration de prazosine, un α1 bloquant, pour traiter des patients présentant un état de stress aigu et prévenir la survenue d’un état de stress post-traumatique. Il s’agissait de proposer aux patients en état de stress aigu après avoir vécu un évènement traumatisant comme un accident ou une agression, un traitement par prazosine afin d’une part de diminuer leurs symptômes de stress et d’autre part de diminuer leur risque de développer un état de stress post-traumatique. Cette nécessité de prendre en charge les « blessés psychiques » a été renforcée notamment par les récents attentats en France. Cette étude était qualifiée de « préliminaire » car elle prévoyait d’inclure peu de patients, dans le but de tester le protocole avant d’engager une étude de plus grande ampleur.

Concrètement, à quoi vous a servi la bourse de 3000 € qui vous a été remise ?

La bourse a servi à mettre en place l’étude : payer le médicament, défrayer les patients pour leurs déplacements, couvrir des coûts d’assurance.

Que s’est-il passé depuis la remise du prix ? Comment ont évolué vos travaux et où en êtes-vous aujourd’hui ?

Depuis le prix, 12 patients ont été inclus, l’étude est toujours en cours. Le traitement a été globalement bien toléré par les patients qui rapportent une bonne efficacité. Une étude plus conséquente avec un plus grande effectif pourrait permettre de tirer des conclusions plus solides sur l’efficacité. Ce travail a été également l’occasion d'engager une réflexion plus globale sur la prise en charge de ces patients.

Outre l’aspect purement financier, que vous a apporté le prix Bouchut ?

J’ai été très agréablement surprise de constater que les perspectives de recherche en psychiatrie intéressaient des médecins de tous horizons. Le prix bouchut a été pour moi une sorte de reconnaissance de mes pairs et m’a motivée à poursuivre dans cette voie. J’ai pu également soutenir ma thèse au format article sur ce sujet, ce qui est une étape importante qui clôture les études de médecine.

Et maintenant, quels sont vos projets ?

Je poursuis ce travail de recherche puisque les inclusions sont toujours ouvertes. Nous allons ensuite publier ce travail et envisager une suite de plus grande ampleur. Sur le plan professionnel, je travaille également sur d’autres thématiques de recherche clinique dans le cadre de mon clinicat comme le suicide par exemple.

Un dernier mot à adresser à vos confrères internes et anciens internes de Lyon ?

Je leur conseillerais de ne pas baisser les bras face au défi de la recherche, malgré les aspects administratifs et réglementaires qui peuvent effrayer un jeune interne ! Et de ne pas hésiter à solliciter leurs aînés qui sont eux aussi passés par là. Nous avons besoin d’internes motivés pour lancer des projets de recherche et toujours développer des idées innovantes.

 

Propos recueillis le 21 janvier 2019.

Pour en savoir plus sur le Prix Bouchut

 

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