ESPACE MEMBRE
      Mot de passe perdu  


Lauréat 2016 du prix de la fondation Léon BOUCHUT, organisé par l’AGIL, Nicolas SIGAUX (promotion 2011) se prend au jeu des questions/réponses pour nous parler de lui et de son projet.
 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

J’ai 31 ans, je suis marié, père d’une petite fille. Après avoir fait mon externat à Lyon Est, j’ai eu la chance de pouvoir poursuivre mon cursus à Lyon par un internat de Chirurgie Maxillo-Faciale, au cours duquel je suis parti 6 mois en InterCHU à la Pitié Salpêtière. J’ai postulé au Prix Bouchut dans le cadre d’une année de Master 2 avant ma dernière année d’internat. Je suis actuellement Chef de Clinique-Assistant dans le service du Professeur BRETON, à Lyon Sud.

Quel était le projet que vous aviez défendu en 2016 pour le prix Bouchut ?

« Bio-impression 3D d’un greffon osseux autologue sur-mesure ».
La bio-impression 3D (ou bioprinting) est l’application des techniques d’impression 3D au domaine de l’ingénierie tissulaire, par l’utilisation d’encres contenant des cellules.  L’équipe 3dFAB, dirigée par le Docteur Christophe MARQUETTE (CNRS, Université Lyon 1) sur le Campus de la Doua, est une Plateforme Technologique Innovante pionnière dans le domaine du bioprinting, notamment par le développement d’un procédé de bio-impression cutanée breveté et dont les premiers résultats sont très encourageants. C’est au sein de cette équipe que nous avons monté le projet de bio-impression d’os, qui est un tissu particulièrement complexe à appréhender en ingénierie tissulaire classique.

Concrètement, à quoi vous a servi la bourse de 3000 € qui vous a été remise ?

La bourse a servi à contribuer aux frais matériels du laboratoire. Ces frais concernent les fournitures spécifiques de la bio-impression (biomatériaux pour la mise au point de la bio-encre notamment), l’entretien des bio-imprimantes et les outils nécessaires à la culture cellulaire.

Que s’est-il passé depuis la remise du prix ? Comment ont évolué vos travaux et où en êtes-vous aujourd’hui ?

Depuis la remise du prix, nous travaillons sur la faisabilité d’imprimer un greffon à partir d’un fragment minime d’os spongieux, en adaptant précisément sa forme selon l’imagerie du patient. L’objectif est d’améliorer la précision de la chirurgie reconstructrice osseuse tout en limitant les complications liées aux prélèvements classiques. Trois patients consentants ont permis de tester notre protocole à partir de quelques fragments d’os spongieux. L’étape de pré-traitement était satisfaisante et l’intégration des éléments cellulaires et minéraux à l’encre a été rendue possible. La synthèse autonome de matrice extra-cellulaire par le greffon imprimé n’est pour l’instant pas encore obtenue.
Sur le plan académique, mon Master 2 est validé, avec une publication internationale à la clé et une deuxième en cours. Ce travail a également fait l’objet d’une communication au dernier congrès national de la Société Française de Chirurgie Maxillo-Faciale.

Outre l’aspect purement financier, que vous a apporté le prix Bouchut ?

Débuter ses travaux de Master au sein d’une équipe en apportant une participation financière n’est pas systématique et a été très apprécié.
Sur le plan personnel, c’est un honneur d’obtenir par ce prix la reconnaissance de ses pairs et maîtres.
Postuler au prix Bouchut a également été l’occasion d’apprendre à communiquer au sujet de la bio-impression 3D. C’est un domaine en plein essor, dont je suis convaincu des débouchés à moyen terme, qui pourrait impacter non seulement la chirurgie reconstructrice, mais également la transplantation d’organes, les essais pharmaceutiques in vitro, et la pédagogie par simulation.

Et maintenant, quels sont vos projets ?

Ces travaux s’inscrivent dans un projet hospitalo-universitaire.
Je continue à développer les thèmes de la bio-impression et de la chirurgie reconstructrice sur-mesure, par une collaboration avec 3dFAB et l’inscription en thèse de sciences à la rentrée prochaine.
Un autre projet enthousiasment est celui de l’année de mobilité, qui fera suite à mon Clinicat, probablement aux Etats-Unis.

Un dernier mot à adresser à vos confrères internes et anciens internes de Lyon ?

Je souhaite les encourager à s’intéresser à la recherche. C’est d’abord l’occasion de découvrir un autre univers en sortant de notre atmosphère médicale. Les rencontres sont très enrichissantes, les chercheurs souhaitent connaître nos problématiques cliniques et nous médecins soupçonnons peu les avancées des sciences fondamentales.

 

Propos recueillis le 2 juillet 2018.

Pour en savoir plus sur le Prix Bouchut

 

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